WHO : TUMEURS GRAISSEUSES BENIGNES

 

Lipome 


Généralités Examen microscopique Cytogénétique Imagerie Traitement

 

 

Généralités : (cf. quizz 1, 2)

 

Tumeur des parties molles la plus fréquente (jusqu’à 50% de l’ensemble des tumeurs des parties molles), le lipome survient habituellement dans les régions riches en tissus adipeux (le tronc, l’épaule, le membre supérieur et le cou). Les lipomes sont parfois multiples (5 à 15%) mais restent le plus souvent asymptomatiques. On les trouve alors parfois associés à divers syndromes  tels le syndrome de Bannayan-Zonana, de Cowden, de Fröhlich ou de Proteus.

Typiquement asymptomatiques et de croissance lente mais parfois sensible, ils sont plus souvent superficiels et solitaires et mesurent dans 80% des cas moins de 5 cm (moins de 1% mesurent plus de 10cm). Les lipomes profonds sont moins fréquents et paraissent moins bien délimités dans les localisations intra/inter-musculaires ou rétropéritonéale ; ils peuvent se développer également en situation juxta-articulaire et à partir du périoste (lipomes parostéaux), avec parfois érosion de l’os ou hyperostose focale.

 

Examen microscopique :

 

Masse homogène de tissu graisseux (adipocytes maures sans atypie cellulaire), avec une pseudo-capsule, et éventuellement de fines cloisons.

Les lipomes profonds peuvent présenter de microscopiques infiltrations par du tissu musculaire voisin (cf. photo histologique ci-contre).

On rencontre parfois d’autres éléments mésenchymateux, le plus fréquent étant du tissu conjonctif fibreux au sein de septa, et plus rarement, du tissu cartilagineux ou même osseux. En cas de large composante fibreuse intra lésionnelle, on pourra parler de fibro-lipome (non considéré dans la classification WHO).  On a décrit des remaniements de nécrose et d’infarctus intra-lésionnels.

 

Cytogénétique :

 

Des anormalités peuvent être retrouvées (dans plus de la moitié des lipomes typiques), la plus fréquente étant l’aberration génétique 12q13-15, ou dans les formes familiales, une translocation du chromosome 3.

 

Imagerie :

 

A l’échographie, la masse est disposée avec un grand axe parallèle à la peau et un rapport grand axe/petit axe > 3. L’échostructure est homogène dans 2/3, hyper échogène dans 30%, iso échogène dans 20%, hypo échogène dans 30% et mixte dans 20%.

La radiographie basse dose peut être utile pour confirmer la texture graisseuse de la masse (plus radio-transparente que le muscle ). En cas de lipome parostéal, une hyperostose corticale de voisinage peut être observée.

RX
Lipome sus aponévrotique en regard du trapèze gauche.

 

Au TDM, le lipome est de densité graisseuse (-65 à – 120 UH) avec ou sans capsule fibreuse.

 A l’IRM, la masse est de même signal que la graisse sous-cutanée et peut contenir de fins septa (<2mm). La présence d’une composante non graisseuse et/ou d’une prise de contraste après injection de gadolinium (en dehors d’une éventuelle capsule fibreuse) doit faire suspecter un liposarcome. Les lipomes intramusculaires, ne possédant pas de capsule, se présentent souvent avec des limites irrégulières et des interdigitations faites de fibres musculaires, responsables d’un aspect strié. Cette présentation ne doit pas inquiéter puisqu’elle n’est pas décrite dans le groupe des liposarcomes bien différenciés. Les lipomes intermusculaires peuvent engainer les axes vasculo-nerveux (creux poplité…). Rarement, la présences de plages d’infarctus ou de nécrose au sein du lipome peuvent faire suspecter un liposarcome.

 

IRM
Axial T1
IRM
T1 fat sat
IRM
T1 fat sat gado

Masse de signal graisseux pur et homogène dans les différentes séquences, sans atypie, si ce n'est sa localisation profonde sous aponévrotique, devant faire discuter son exérèse. Lipome intra musculaire.

 

Traitement :

 

Il repose sur une résection chirurgicale du lipome. Les récurrences (4 à 5%) sont plus fréquentes sur les lipomes infiltrant ou profonds. Le risque de dégénérescence sarcomateuse doit être considéré comme nul dans le cas ou le diagnostic de certitude est formel.

 

 

Vue histologique :

ana1 ANA2

Infiltration d'un tissu musculaire par du tissu adipeux mature : lipome intra musculaire.

 

Principaux éléments sémiologiques différentiels lipomes / liposarcomes (d’après A. Cotten)

 

Lipome superficiel

Lipome intramusculaire

Liposarcome

Age

adulte

adulte

adulte

Topographie

Graisse sous-cutanée

Dos, épaule, cou, abdomen

Bras, cuisses

Muscle

Cuisses, épaules, bras

 

Muscles / Fascias

cuisse, rétropéritoine

 

Taille

< 5 cm (80%)

 

< 10 cm (95 %)

 

souvent > 5cm exceptionnellement < 5cm

Contours

Nets le plus souvent

Infiltrants ou nets

Nets le plus souvent

 

Forme

Unilobulaire

Unilobulaire

(> 85%)

Plurilobulaire

(> 90 %)

Cloisons épaisses

Absentes

Fibres musculaires

Présentes 

 

 

Lipome parostéal  

tdm
Reconstruction TDM volumique
tdm

OS
Reconstruction TDM sagittale "os"
MOU
"mou"
OS
Reconstruction TDM axiale "os"
MOU
"mou"
STIR
IRM Axial STIR

3D
Reconstruction TDM volumique
Masse de densité et de signal graisseux sur les examens TDM et IRM, développée au contact de la corticale antérieure du tibia. Ossification du versant osseux du lipome, sans désorganisation de l'architecture cortico-spongieuse du tibia.